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artist : ARTHUR SATAN

Release date : April 4, 2025
genres : CLASSIC POP
format : CD/ DOUBLE LP/ DIGITAL
reference : BB180

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ARTHUR SATAN – A JOURNEY THAT NEVER WAS

A journey that never was, deuxième album solo d’Arthur Satàn, paru chez Born Bad, permet de savoir ce qu’il se passe quand on abandonne un enfant à son sort dans un studio son, qu’on le laisse vieillir avec pour seuls copains ses figurines Warhammer alignées sur une pile de vieux Métal Hurlant, et qu’on met le temps sur pause pendant quelques décennies. Et…en fait ça va :  le mélodiste bordelais a toute une famille d’amis imaginaires à vous présenter. So far so good, son premier solo ostensiblement pop, avait pu surprendre les fans du son garage-issu-de-la-diversité-musicale de son groupe JC Satàn. Dans ce double-album tellement long qu’il va falloir un bac spécial pour l’accueillir, le guitariste offre une fête de la musique déraisonnable et maximaliste, gavée d’influences pop 1960’s, complètement assumées. Elles sont toutes là, elles lui parlent depuis des années. Et ce John et ce Paul, dont vous parlez, ils sont dans la pièce ? Oui, et ils sont venus avec la décennie musicale suivante.

Ce disque de grand solitaire bien entouré joue avec cet héritage comme un enfant rêverait son goûter d’anniversaire si on lui foutait la paix. On joue au bowling avec la tête de ses ennemis, les guitares saignent, y’a pas de chasse au trésor à la con. Au menu, burgers de T-Rex sauce grand veneur, des fontaines de cordes en chocolat, qui dégoulinent sur des gaufres de cuivre, sculptées en forme de Brian Wilson, posées sur une straciatella de choeurs épiques. Le yaourt anglais de jadis est devenu fromage de texte maturé en cave.

Et chaque chanson est une famille musicale, chaque couplet est un album, chaque riff est un titre. C’est plus un disque, c’est une fractale, c’est un chou romanesco. Dans sa liste de cadeaux de Noël, Arthur avait entouré absolument tous les jouets. Il y a un côté encyclopédiste façon Bouvard et Pécuchet de la pop qui ne déçoit jamais : tout est maîtrisé.

Multi-instrumentiste, Arthur Satàn a aussi mixé cet album, conçu tout une cosmogonie destinée à l’accompagner. Alors la pochette, on s’en serait douté, c’est lui aussi. Graphiste de son état, il a tenu à réaliser à la pogne une fresque monumentale qui étale en cinémascope le paysage mental  heroïc-fantasy qui hante cet album, moitié Bosch moitié Druillet. Plus on reste enfermé dans cette oeuvre, plus on constate que c’est Sa majesté des mouches pour un seul gosse, crashé en Terres-du-Milieu. On se ferait presque du mouron pour ce bourreau de travail, car ce genre de disque se paye, et laisse vide. Venez lui tenir compagnie un peu.

Halory Goerger

//////////////////ENGLISH/////////////////////////

A journey that never was, second solo album by Arthur Satàn, released on Born Bad, lets us know what happens when you abandon a kid to his fate in a studio, leave him to grow old with D&D figurines lined up on a pile of old fantasy mags, and put time on pause for a few decades. Well, it’s not that bad : let Bordeaux’s finest melodist introduce you to a whole family of imaginary friends.

So far so good, his pop solo debut, was a pleasant surprise for fans of his not-that-garage group JC Satàn. That new double album is so big you’ll need special furniture to accommodate this unreasonable, maximalist parade, crammed full with 1960s pop influences. They’ve all been there, talking to him for years. The John and Paul you mentioned, are they in the room? Yes, and they came with friends from the next musical decade.

The record plays with heritage like a kid would unabashedly plan for a birthday party. No stupid treasure hunt, we’re bowling with the heads of our foes, guitars are literally bleeding through the mix. T-Rex burgers, fountains of chocolate choruses dripping on Brian Wilson – shaped giant cookies : let’s indulge.  

Each song is a musical family, each verse is an album, each riff is a title. In his Christmas gift list, Arthur probably circled absolutely every toy : his taste for completism never disappoints.

He played almost every instrument, mixed the album and designed a whole graphic universe to go along with it. A visual artist by trade, also made a point of drawing a monumental fresco spreading out the fantasy landscape that haunts this album. Lord of the Flies with just one kid, stranded in Mordor. Come and keep him company for a while.

Halory Goerger